temoignage technicien intervention sociale


L’hémorragie d’une profession

Actualités Sociales Hebdomadaires n° 2185 du 20 octobre 2000

Technicien de l’intervention sociale et familiale

« L’aide à domicile ne peut plus attendre ! » C’est le slogan choisi par le secteur de l’aide à domicile pour manifester son ras-le-bol, demain, sur le pavé parisien. Emplois précaires, salaires bloqués au SMIC, 35 heures en attente, sentiment général de dévalorisation, ont pris suffisamment d’ampleur pour faire descendre dans la rue employeurs et salariés. Ce qui n’est guère dans les us et coutumes ni des professionnels (aides-ménagères, techniciens de l’intervention sociale et familiale, employées familiales …) ni des fédérations qui regroupent les associations employeurs. Parmi leurs préoccupations actuelles, la pénurie de techniciens de l’intervention sociale et familiale (TISF, ex-travailleuses familiales) sur le marché du travail, aggravée par l’impossibilité d’appliquer la réforme des études qui devait entrer définitivement en application cet automne.

« D’ici trois ans, nous aurons besoin de près de 2 000 TISF de plus sur le marché si l’on veut répondre aux besoins des familles en difficulté ou en situation d’exclusion, affirme Michel Gâté, délégué général de la Fédération nationale d’aide aux mères et aux familles à domicile (FNAAMFD). Au rythme actuel, on en perd une centaine par an alors qu’il faudrait en former 400 chaque année si l’on veut calmer l’hémorragie ! Mais même si la réforme était en place, les effectifs ne seraient pas suffisants ! » Au manque de personnel formé, il faut ajouter l’érosion due à la pyramide des âges. Ce que confirme Dominique de Guilbert, secrétaire général de la Fédération nationale de l’aide familiale à domicile (FNAFAD), dont 12 % des techniciens de l’intervention sociale et familiale ont plus de 55 ans. « Dans l’ensemble des réseaux d’aide à domicile, il y aura besoin de 800 professionnels supplémentaires pour remplacer les seuls départs à la retraite », estime-t-il.

Une inquiétude partagée par les centres de formation alors même qu’une réforme récente des études vient de donner du poids à une profession qui compte environ 8 000 personnes aujourd’hui. En septembre 1999, date d’application de la réforme, huit centres qui dispensaient déjà la formation étaient agréés pour mettre en selle la nouvelle formule conduisant au diplôme d’État. L’agrément était transitoire pour un an. D’autres centres devaient être agréés pour permettre le mois dernier la rentrée de nouvelles promotions.

Dossier à lire : « Tisf : Négligence coupable »

Revue – Le journal de l’action sociale et du développement social, n.159, septembre 2011
pp.33-36
Jung (Céline)
Les TISF ont une fonction centrale dans la politique d’aide à la famille. Ils, ou plutôt elles dans 99 % des cas, apportent un soutien aux fonctions parentales lors d’un événement (maladie, naissance, difficultés socio-éducatives)…Mais cette profession reste encore insuffisamment reconnue et se trouve, de fait, très inégalement sollicitée. Retour et constat sur cette profession.

Témoignages

« Face aux nouveaux besoins des personnes et des familles et pour lutter contre les exclusions, ce métier s’est développé, les compétences se sont diversifiées. La nouvelle formation confirme le statut de travailleur social de ce professionnel ».

M. V.F. Formateur

« Notre mission est de réaliser une intervention préventive et réparatrice auprès des personnes et des familles. Nous n’apportons pas seulement une aide à la vie quotidienne mais aussi un véritable accompagnement psychologique et social au domicile et à partir du domicile. »

Mme B.T. TISF

« Depuis que la TISF m’aide, je m’en sors beaucoup mieux avec la maison et les gamins. Elle m’a convaincue de participer à l’atelier Budget. Maintenant, je me débrouille mieux avec les papiers. J’ai retrouvé le moral et je me suis mise à rechercher du travail. »

Mme M-J. R. Femme allocataire parent Isolé